Être dans ce qui s’en va

Chaque photographie est une strophe de ce grand poème de l’évanescence.
C’est une œuvre sur la liminalité, ce seuil invisible entre ce qui est là et ce qui a déjà disparu. Chaque point de lumière est un monde qui naît et meurt dans le même battement de paupière. Comme si chaque photo était une respiration retenue. Tout coule, tout glisse, tout s’en va. Contempler ces images, c’est s’aventurer sur le seuil redoutable où le visible consent à l’invisible. Le fil conducteur qui traverse toutes ces photos, c’est le combat de l’apparition contre l’oubli. Où l’âme reconnaît ce qui fut et se noie.

Phil Ventu  

Dans cette série, il est question du devenir, de l’essence et d’une certaine discordance. En défiant ce qui est défini, en investissant les espaces intermédiaires et en explorant les phases de transition d’identités instables et mouvantes.
Dans une partition fragile, chaque image pourrait être pensée comme un haïku où tout se dérobe et se révèle dans un même élan. 
La présence se fait fuyante. 
L’apparition est silencieuse mais contient déjà un bruissement sourd. 
Les fêlures surgissent, telles des dissonances qui révèlent des craquelures et des lacérations latentes avant la chute brutale de la nuit.